Société de Borda Société de Borda

Société de Borda
Société de Borda Comptes rendus

 

Société de Borda Séance du 6 avril 2013 à Mugron Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mugron (salle de cinéma), sous la présidence de Gilles Granereau. Environ une centaine de personnes.

Hubert Delpont, Pierre-Arnaud Dartigoëyte, le Landais maudit par l’histoire
Dartigoëyte : à ce seul mot, l’on faisait trembler les petits Gersois comme ailleurs avec l’ogre. Plus tard Taine et localement Cabannes, firent entrer dans l’histoire la légende noire de ce mugronais qui fut représentant en mission dans les Landes, les Basses et Hautes-Pyrénées mais surtout dans le Gers et la Haute-Garonne. Mais si l’histoire s’était trompée ? Si, en reprenant les vrais documents, les actes, les faits qui jalonnent la courte carrière de cette courte vie (1763-1812), on s’apercevait que, derrière le Montagnard fort en gueule, Dartigoëyte est rigoureusement le contraire du monstre sanguinaire et lubrique qui hante l’histoire des Landes ?

Bruno Cahuzac, Géologie et exploitation des carrières calcaires de Mugron
Des carrières de calcaire sableux jaunâtre sont encore visibles à l’ouest du bourg. On y extrayait - jusqu’aux années 1940 - le « Grès de Mugron », pierre dure utilisée pour les constructions ou comme remblais. Il s’agit de dépôts marins de l’ère Tertiaire, époque Oligocène, et datant de l’étage Stampien (soit de 30 millions d’années). Les faciès sont variés : calcaire détritique en plaquettes, ou grès rognonneux, ou roches pétries de Foraminifères benthiques du groupe des Operculines (et quelques Lépidocyclines), parfois présence de terriers de Vers ou de Crustacés. Ces dépôts se sont effectués en zone très littorale, de type bas de plage ou baie, souvent soumise à une agitation notable (courants, vagues, marées), pouvant produire des stratifications obliques. La découverte de coraux récifaux témoigne d’un climat tropical régnant à l’époque. Ces affleurements sont en continuité avec d’autres coupes plus à l’ouest comme le Tuc de Saumon, toutes étant situées sur la bordure d’accidents anticlinaux (dômes d’Audignon et de Louer). Un jugement rendu par Frédéric Bastiat évoque ces carrières dès 1831. Au XIXe siècle, jusqu’à 110 ouvriers y ont travaillé, et cette roche a servi dans plusieurs édifices locaux (ponts de chemin de fer, église, mairie, pont sur l’Adour, vieilles maisons…), puis au début du XXe s. pour les arènes reconstruites, l’hôpital. La présence de « pierre de Mugron » dans des constructions plus anciennes (anciens chai et presbytère, églises d’autres communes) fait remonter cette extraction au moins au XVIIIe siècle, et sans doute bien avant.

Gilles Cussac, Les luttes métayères dans les Landes (1900-1946)
L’intervention tente d’établir une typologie des différentes catégories de métayers dans les Landes. Il s’agit aussi de présenter les mouvements sociaux des ouvriers résiniers (mobilisation et modes d’actions) des années qui précèdent directement le premier conflit mondial ainsi que ceux qui éclatent pendant ce même conflit. Les mouvements de 1906 et 1907 ne sont pas traités. Par ailleurs, certaines luttes des métayers landais des années vingt et trente seront abordées.

Pierre Laporte, La chapelle funéraire de Mugron
Ouverture, le 6 avril 1805,d’un nouveau cimetière sans clôture efficace contre les bestiaux ; souscription pour les fidèles désirant obtenir une sépulture dans une chapelle à construire sur le cimetière. Construction de la chapelle, de la clôture et de la maison d’un gardien. Violation du décret du 12 juin 1804. En 1818 Campet , nouveau maire, s’oppose aux inhumations dans la chapelle. Conflit avec le curé et avec le Préfet.  Application de l’ordonnance du 12 janvier 1816 (révocation de Campet ) et du 23 juin 1819 sur les usurpateurs (le conseil de Fabrique déclaré propriétaire du terrain occupé par la chapelle). Fin du conflit.

 

Société de Borda Séance du 16 mars 2013 à Mont-de-Marsan Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (Maison Joëlle Vincens, site Bosquet), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ quatre-vingts personnes présentes.

David Dupouy, La maison de « Bruc » à Roquefort : corbeaux et meneau sur un airial landais
La maison de  Bruc à Roquefort/ un habitat rural de la fin de Moyen Âge (XIVe ou XVe s.).
Mise en évidence  (à l’usage de chercheurs confirmés) d’un habitat rural  médiéval à priori inédit implanté sur un airial landais du Marsan septentrional.La communication se développera en 3 temps : - présentation de l’environnement et de l’implantation de la maison ; - présentation des éléments darchitecture ; - hypothèses : quelle fonction attribuer à la maison ?

Xavier Roborel de Climens, Le château de Campet
Le château de Campet, situé à quelques kilomètres au nord-est de Mont-de Marsan,  était à l’origine un castrum détenu par la famille d’Estang. En 1430, à la suite du mariage de Marie de Bezaudin avec Espaing III du Lyon, il passe dans le patrimoine de la familledu Lyon qui le conservera jusqu’au début du XXe siècle.Dans un hommage de 1475, l’édifice est décrit comme une forteresse puissamment défendue avec tours, courtines, pont levis et canonnières.
Détruit pendant les Guerres de religion en 1570, le château est entièrement rebâti à partir de 1640 selon un plan complexe inspiré de celui du château de Cadillac en Gironde. A côté des bâtiments se développe un vaste jardin conçu à l’origine comme « un jardin d’eau » avec bassins, canaux rectilignes et plates-formes maçonnées appelées aussi « carrés en île ».
À partir de 1835,  l’architecte Augustin Arthaud conduit d’importants travaux d’aménagement intérieur et extérieur : modification de la façade sud, remplacement de l’escalier à degré droit de la terrasse par les deux rampes convergentes actuelles, transformation et modernisation de l’intérieur.
Les jardins sont transformés en jardin à l’anglaise dans les années 1845.

Jeanne-Marie Fritz, Le fondateur de Mont-de-Marsan : le vicomte Pierre, fils de Loup-Aner
Dans notre héritage contemporain figure notamment la ville de Mont-de-Marsan, chef-lieu du département des Landes. Nous devons sa fondation à Pierre de Lobaner , vicomte de Marsan et comte de Bigorre, vers 1140. Grand seigneur médiéval gascon, homme de son temps, il fut un chevalier au service du duc d’Aquitaine et un chrétien convaincu. L’évocation de sa vie et de son œuvre  en Marsan permettra de lui rendre hommage afin qu’il ne soit pas complètement oublié de nos contemporains.

Jean Peyresblanques, La came crude
Croquemitaine gascon traditionnel étrange : jambe crue, cruelle agresse avec un œil, dont nous avons recueilli une légende étayée par un proverbe de l’abbé Daugé rapporté en 1904. Elle pose le problème d’un mythe original. Une enquête mythologique nationale diligentée depuis un an débouche sur des conclusions inattendues originales et spécifiquement régionales gasconnes.

 

Société de Borda Séance du 19 janvier 2013 à Parentis Société de Borda

Emmanuel Labat, Des Navarrais vicomtes de Maremne à la fin du Moyen Âge.
À la fin du Moyen Âge, dans le royaume de Navarre en pleine crise avant son annexion par la Castille, un petit noble, Lope de Baquedano, parvient à obtenir d’Alain d’Albret, père du dernier roi, des droits et des seigneuries dans les Landes. Il devient notamment vicomte de Maremne.
Auparavant il a mené une vie plutôt tumultueuse profitant de l’état d’anarchie du royaume. A sa mort son fils lui succède dans ses seigneuries landaises mais elles lui seront contestées par les Albret. La famille restera cependant en Gascogne jusqu’au XVIIe siècle.

Jean-Jacques Fénié, Une scène landaise du peintre Roganeau au Musée d’Aquitaine.
À Bordeaux, parmi les quatre toiles de l’ancien Athénée municipal installées en 2011 au Musée d’Aquitaine figure une ample composition du peintre
François-Maurice Roganeau (1883-1973). Élaborée pour la célèbre Exposition des Arts décoratifs et industriels modernes de Paris en 1925, elle représente la forêt landaise. À côté de personnages convenus du pinhadar laborieux propres à l’iconographie de la Belle Époque ou des années 1920 figurent des personnages plus étranges. Tant par l’attitude que par leur identité même, ils donnent à cette scène rustique une dimension onirique et légèrement décalée. Au premier plan, un artiste rêveur taquiné par un faune est généralement identifié à Jean Cocteau. Est-ce bien lui ? N’y aurait-il pas d’autres correspondances landaises ?

Gilles Dubus, Naissances, mariages et sépultures à Parentis-en-Born de 1692 à 1698.
La communication est basée sur l’analyse de cent dix-sept feuillets des registres paroissiaux rédigés entre les années 1692 et 1698. Ces registres sont les plus anciens de la commune : ils contiennent 379 actes de baptêmes, de mariages ou de sépultures. Notre objectif est d’identifier les noms de familles des Parentissois, ainsi que les prénoms qu’ils donnaient à leurs enfants. On observera également les mariages et les sépultures.

Christian Ernandoréna, La Révolution nationale dans les Landes.
Comment le régime de Vichy a t-il été perçu dans les Landes ?
L’opinion landaise s’est elle ralliée à la Révolution nationale ?L’analyse des documents d’archives permet de mettre en évidence un département qui refuse la collaboration et la politique réactionnaire du gouvernement de Vichy.
Toutefois, si la germanophobie est forte, l’engagement dans la Résistance reste le fait d’une petite minorité, la majorité des Landais étant plutôt attentiste.

 

Société de Borda Séance du 8 décembre 2012 à DAX Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des Halles), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 80 personnes présentes.

Madeleine Jogan, Théodore Denis, premier maire de Dax du XXe siècle (1899-1908)
La communication évoque l’action municipale du député Théodore Denis qui, de son élection fin 1899 jusqu’à son décès en juin 1908, va se transformer en gestionnaire prudent et avisé de la ville de Dax. Il ne fera pas du thermalisme sa priorité mais, ouvert aux innovations, il entendra l’appel de la modernité,  s’attachant à équiper la ville d’infrastructures capables de poser les fondements de réalisations urbaines futures (électricité, eau chaude, hygiène, etc.).
Au-delà des transformations urbanistiques enregistrées, les premières années du siècle sont marquées par la personnalité charismatique du maire et le faisceau d’amitiés  que l’homme suscitait  jusque - fait rare ! - dans les rangs de ses adversaires politiques. Prompt à secourir les infortunes de toutes natures, il accorda toujours la priorité au social, porta une attention soutenue à la vie artistique, culturelle et sportive de la cité dacquoise. Très opposé au ministère de Combes et attaché au principe de la liberté religieuse qu’il défendit avec vigueur à la Chambre, il s’efforça d’atténuer à Dax les conséquences des lois anticléricales du début du XXe siècle.

Michel Bréan, Lecture oblique et politique de deux romans de Pierre Benoit : L’Ile Verte et Fabrice à l’occasion du 50e anniversaire de sa mort
Pierre Benoit est connu par ses romans d’amour et d’aventures, mais il y a aussi ses romans « du terroir aquitain », il a eu une vie publique culturelle et politique active, qui transparaît dans les romans étudiés. Pierre Benoit porte aussi un regard oblique sur ces récits par l‘intermédiaire de ses citations, sortes de clins d’œil au lecteur averti.


Kévin Laussu, Tricentenaire de la cure à Dax de Marie-Anne de Neubourg, Reine d’Espagne

Dax s’apprête à fêter en 2013 le centenaire de la construction de ses arènes. Mais il est un anniversaire dont personne ne se souvenait et qui pourrait bien être considéré comme une date phare pour la cité thermale : voilà trois cents ans que la Reine douairière d’Espagne, Marie-Anne de Neubourg est venue chez nous. Nul trophée donc, nul arc de triomphe, nulle place en son honneur n’honoreront le pavé de Dax pour fêter le souvenir de ce grand personnage que Victor Hugo immortalisa dans « Ruy Blas ». Elle était venue chercher dans les eaux de Saint-Vincent-de-Xaintes le soulagement de ses rhumatismes. Elle fit le déplacement depuis Bayonne pour se rendre aux Baignots, ce qui ferait remonter en des temps très reculés le tout premier témoignage écrit relatant la cure d’un personnage illustre à Dax. En cette année 2012 où le vieil Hôtel des Baignots est en cours de réhabilitation pour être prochainement transformé en une résidence qui lui fera retrouver tout son éclat, la mention de ce trois-centième anniversaire nous invite à nous plonger au cœur des origines de ce grand établissement thermal.

 

Société de Borda Séance du 3 novembre 2012 à Aire-sur-l’Adour Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Aire-sur-l’Adour (salle Barbara Hendricks), sous la présidence de B. Cahuzac. Environ 120 personnes présentes.

Sandrine Bougue et Fernand Avila, La crue de 1952 à Aire-sur-l’Adour
1952 - 2012, il y a 60 ans, au début du mois de février, la ville d’Aire sur l’Adour vivait une de ses plus grandes inondations. Le centre-ville et de nombreux quartiers étaient sous les eaux. Beaucoup de dégâts matériels, maisons emportées et beaucoup de bétails noyés ou emportés par les flots mais surtout aucune perte humaine à déplorer dans notre ville.
Grâce aux photos recueillies et par leurs souvenirs, ceux qui ont vécu ces inondations témoignent : « Par les photos, on retrouve, intactes, les impressions vécues lors de cet évènement : attrait, peur, besoin de se rendre compte… On venait voir le spectacle car c’était inhabituel, grandiose et cependant tragique pour certains riverains »
Cette crue a servi de crue de référence pour la réalisation du Plan de Prévention des Risques et Inondations de la ville d’Aire sur l’Adour en 1997.

Maryvonne et Fernand Avila, Géographie et économie d’Aire-sur-l’Adour, aujourd’hui
Des études réalisées sur la ville d’Aire-sur-l’Adour il manquait une analyse cartographique pour mettre en valeur les transformations spatiales et économiques de cette commune landaise de la fin du XVIIIe siècle à nos jours. La ville reste longtemps bicéphale avec la ville haute du Mas et la ville basse. Sous la Restauration, un premier plan d’urbanisme rectifie le réseau viaire et conditionne les nouvelles constructions tandis que le canal du moulin et sa rive gauche restent l’axe économique. À partir du second empire, la construction du grand séminaire, de la halle aux grains, du chemin de fer marquent un tournant décisif. Entre 1900 et 1939, l’activité économique se redéploye autour de la gare donnant naissance à de nouveaux quartiers. Après 1950, lotissements, grandes surfaces commerciales, activités artisanales et industrielles se multiplient et s’étirent le long des voies de communication posant de gros problèmes d’équipement.

Abbé Jean-Pierre Laulom, Aire l’épiscopale. Histoire extraordinaire d’un diocèse ordinaire
« Aire l’épiscopale », est un vers de Victor Hugo, dans la Légende des siècles.
Ce demi-alexandrin définit bien, en deux mots, notre propos. Pour que la mémoire des fastes épiscopaux d’Aire ne se perde pas rapidement, nous revisiterons brièvement les grands moments de l’histoire de ce diocèse, mais surtout les nombreux monuments diocésains qui existent encore (cathédrale, évêché, crypte et église sainte Quitterie) et, en particulier, les quatre anciens séminaires, aujourd’hui destinés à d’autres usages. Pour écrire l’histoire extraordinaire d’un diocèse ordinaire, nous saluerons rapidement quelques évêques, ceux qui, originaux, saints ou entrés dans l’histoire, méritent un flash ou un coup de chapeau.

 

Société de Borda Sortie du 1er septembre 2012 à l’Ecomusée de Marquèze à Sabres Société de Borda

Pour sa sortie de septembre, la Société avait choisi un lieu emblématique du patrimoine landais : l’écomusée de Marquèze à Sabres. Elle a bénéficié pour cette excursion d’une belle journée ensoleillée de fin d’été.

L’écomusée de Marquèze : 43 ans d’existence

Lorsqu’en 1967 Georges Henri Rivière -qui présidera le conseil d’orientation de l’Ecomusée- et Jean-Claude Ollagnier -futur directeur du Parc naturel régional des Landes de Gascogne- se rendirent en reconnaissance à l’airial de Marquèze en vue de constituer un futur « musée de maisons »(1), ils comprirent aussitôt que cette visite marquerait le point de départ d’une aventure culturelle exceptionnelle, mais ils ne se doutaient pas de l’ampleur que prendrait cette aventure.

Leur projet fut conçu à l’origine sur le modèle des musées ethnographiques de plein air de Scandinavie,  c’est-à-dire le groupement d’un ensemble de maisons démontées pièce par pièce puis rebâties sur un espace protégé. Porté par une équipe de passionnés, à laquelle il faut associer les noms Jean Tucoo-Chala -conservateur- et Pierre Toulgoat -ethnologue et photographe-, le projet allait susciter un véritable élan d’enthousiasme tant auprès de la population locale que d’un certain nombre d’historiens et scientifiques extérieurs qui spontanément, et souvent bénévolement, mirent leurs compétences au service de cette entreprise.Confrontés au dilemne de préserver l’espace tout en l’ouvrant à un large public, les initiateurs de l’écomusée eurent l’idée de protéger l’accès au site par l’obligation faite aux visiteurs d’emprunter un petit train séculaire menant du bourg de Sabres à Marquèze. Ce trajet de 3 kilomètres, en même temps qu’un agrément, est une immersion dans l’univers de la forêt pour le voyage dans le temps proposé dans l’airial.

L’écomusée de Marquèze, encore en gestation, fut ouvert dès 1969. Il allait connaître un rapide engouement, au point d’attirer en 1980 plus de 91 000 personnes et jusqu’à 130 000 au début des années 1990. Depuis bientôt un demi-siècle, il constitue le cadre traditionnel des sorties de plusieurs générations d’écoliers landais.

Mais l’élan s’émousse à partir du milieu des années 1990 et Marquèze va perdre lentement de son aura. Après le temps des visionnaires et des scientifiques inspirés, vint le temps des gestionnaires. Malgré des moyens humains et financiers nettement accrus, les responsables de la structure semblent avoir peiné, ces quinze dernières années, à trouver des solutions pour relancer une fréquentation en baisse, tombée à 70 000 visiteurs en 2007. Peut-être le concept d’écomusée de plein air d’origine ne répond-il plus aux attentes d’un public avide de nouveautés et d’attractions faciles ? C’est que depuis lors s’est développée la concurrence des parcs ludiques, des festivals de musique, devenus à la mode et fixant la clientèle des vacanciers. Peut-être l’alourdissement des tâches de gestion est-il aussi en cause ? L’écomusée, rattaché administrativement au Parc naturel régional des Landes de Gascogne, se trouve soumis à un nombre grandissant de missions. Composé de 22 communes à l’origine, le Parc en regroupera bientôt 50 ! On s’interroge également sur les choix opérés quant à la politique d’animation : les orientations retenues ont-elles coupé peu à peu l’écomusée de la population locale et régionale ? Les Landais, qui avaient adhéré de suite aux concepts fondateurs, ont sans doute bien du mal à se reconnaître dans les présentations d’œuvres d’artistes contemporains ou les coopérations artistiques avec des contrées exotiques mises en avant aujourd’hui. Le discours identitaire et territorial, qui avait fait la force de Marquèze, a progressivement été brouillé par un discours plus généraliste orienté vers l’aménagement des territoires, le développement touristique et l’urbanisme. L’équipe dirigeante a introduit récemment divers équipements techniques de communication moderne pour tenter de capter une nouvelle clientèle. Souhaitons que les mesures prises relancent l’attractivité de l’écomusée et qu’il trouve un second souffle.

Le Pavillon et l’âge du Fer dans les Landes de Gascogne

A 10 h, environ 80 personnes se pressaient à l’entrée du Pavillon de Marquèze situé à la gare de Sabres. Construit en 2008, ce pôle culturel était déjà clairement inscrit dans les projets visionnaires de Georges Henri Rivière, une première esquisse architecturale en avait même été établie dès 1968 (2). C’est un bâtiment de 3000 m², œuvre de l’architecte Bruno Mader, dont le tiers est consacré aux expositions, le reste à un auditorium et aux réserves de l’écomusée. Sa structure et son enveloppe sont réalisées en pin maritime et l’ensemble est conçu pour être intégré à son environnement, tout en respectant des normes sévères d’économie d’énergie (3).

Mme Florence Raguénès, Conservatrice de l’Ecomusée, souhaitait la bienvenue aux participants, soulignant la communauté de vocation entre le Parc naturel régional et la Société de Borda, deux institutions soucieuses de promouvoir le patrimoine landais. Dès 1971 d’ailleurs, la Société était venue en excursion à Marquèze (4). Le Président Jean-Jacques Taillentou remerciait la Conservatrice de ses mots d’accueil aimables, et donnait le départ de la journée.

La matinée a alors commencé par la visite de l’exposition temporaire « Six pieds sous terre…. Il y a 3000 ans : archéologie des Landes de Gascogne ». Déjà présentée dans notre bulletin (2e trim. 2011, p. 236-237), cette exposition labellisée « d’intérêt national » est le fruit d’une collaboration réussie entre archéologues, muséographes, illustrateurs, et collectivités territoriales. Pour la première fois, sont restitués au public les résultats d’un programme collectif de recherche mené de 2004 à 2008 sur le territoire des Landes de Gascogne (5). Le vaste massif forestier était enfin exploré de manière systématique, dans une double perspective : reconstituer le climat et le paysage végétal des derniers millénaires, retrouver les traces des premiers peuplements de la lande et analyser ces vestiges.

En raison de l’affluence, il a fallu organiser deux groupes, l’un ayant pour guide par Marie Bilbao, l’autre Hervé Barrouquère. En tant que chevilles ouvrières de l’exposition, ils ont su faire partager leur enthousiasme et leur expérience de terrain par des explications pertinentes. La restitution du paysage d’il y a 3000 ans à partir de l’étude des pollens conservés dans la tourbe des lagunes, la reconstitution d’une maison fouillée à Canenx-et-Réaut, les vases de la nécropole de Laglorieuse, la pirogue du lac de Sanguinet, ont particulièrement retenu l’attention. Les sociétaires ont pu apprécier une mise en scène soignée, évoquant le monde des vivants et le domaine funéraire, à la fois par les objets présentés et au moyen d’effets visuels et sonores suggestifs. Certains lots de vases ou de bijoux, restaurés pour l’occasion, n’avaient jamais été exposés jusqu’alors. Pour beaucoup ce fut une révélation de voir que nos lointains ancêtres avaient développé un mode de vie parfaitement adapté aux conditions naturelles difficiles de la Grande Lande (6) .

Tout le monde s’installait ensuite dans l’auditorium pour écouter la conférence de Thibault Constantin, jeune chercheur bordelais, sur « La parure à l’âge du Fer en Aquitaine et dans les Landes ». Le conférencier montrait comment fibules, torques et bracelets ont évolué au gré des modes et des techniques, autorisant une datation précise des sépultures et apportant des indications sur les influences extérieures.

A midi, les sociétaires prenaient place dans le petit train qui mène à l’airial de Marquèze, traversant la forêt à son rythme de « machecul ». Là, un repas donnant toute satisfaction attendait les convives au restaurant de Marquèze.

L’après-midi sur l’airial : la maison landaise à pans de bois

L’après-midi était consacrée à l’airial de Marquèze, cœur de l’écomusée. L’assistance s’est divisée en deux groupes parcourant en alternance le sentier forestier, le moulin et la maison du meunier, la maison de maître, et les autres bâtiments ; le premier sous la conduite de Florence Raguénès, le second sous la conduite d’Hervé Barrouquère.

Marquèze est un « quartier » reconstitué de manière authentique, avec son airial et sa couronne de bâtiments : maisons d’habitation et bâtiments d’exploitation (bergerie, granges, loge à porcs, four à pain, etc.). Ce qui subsistait sur place a été complété par des éléments venus d’ailleurs. L’ensemble s’inscrit dans son environnement végétal paysager : potager, champs cultivés, pignada, vallée du ruisseau l’Escamat et moulin. L’objectif est de témoigner de l’équilibre trouvé par l’homme avec la nature dans la société agro-pastorale landaise du XIXe siècle. Une fois de plus, l’architecture de ces maisons en bois et torchis n’a pas laissé les sociétaires indifférents, et chacun y est allé de ses remarques admiratives. L’agencement intérieur est très bien mis en valeur. Grâce à la collecte des matériels agricoles, meubles, vaisselle, linge et vêtements opérée dans les années 1970, l’écomusée dispose en effet d’un fonds important d’objets domestiques, enrichi progressivement par des dons généreux, dont une petite partie seulement est utilisée pour garnir les maisons.

Afin d’étoffer l’offre proposée, une maison supplémentaire a été rebâtie en 2012. Transférée depuis le quartier de Guiraute, à 5 kilomètres de là, la maison traditionnelle landaise à pans de bois « Malichecq » a été entièrement démontée et remontée à Marquèze. A cette occasion, elle a fait l’objet d’études détaillées de ses composantes et de son sol. Concernant sa datation, les résultats de la dendrochronologie tendraient à faire remonter ses poutres aux XIIIe-XIVe siècles, ancienneté surprenante ; mais l’archéologie n’a pas pu mettre en évidence d’éléments plus anciens que le XVIIe siècle, et la question demeure en suspens (7) . Son ajout dans l’airial procède surtout d’une démarche de sauvegarde, car elle est surnuméraire par rapport à la réalité historique du quartier de Marquèze.

La promenade a pris fin vers 17 h. Certains ont voulu prolonger encore un peu ces instants hors du temps, jusqu’au moment où il a bien fallu, alors que la chaleur commençait à tomber, se résoudre à prendre le dernier train à 18 h pour rentrer à la gare de Sabres. En résumé, une excellente sortie pour notre Société. Pour ceux qui ne connaissaient pas le site, ce fut la découverte d’un haut lieu du patrimoine de la Grande Lande, avec la révélation d’une recherche dynamique sur le lontain passé de la lande. Pour ceux qui le connaissaient déjà, la journée a pris des allures de pèlerinage sur une terre où la magie des lieux opère toujours.

Jean-Claude Merlet

Pour en savoir plus :

(1) Ecomusée de la Grande Lande. guide du visiteur, Parc naturel régional des Landes de Gascogne, Belin-Beliet, 1981.

(2) H.-G. Rivière, Parc naturel régional des Landes de Gascogne. Marquèze écomusée de la Grande Lande, allocution prononcée lors de l’ouverture des journées d’étude « Patrimoine et développement » à l’occasion de l’Année du Patrimoine (4-5 oct. 1980), Bull. Soc. Borda, 1981, p. 127-131.

(3) B. Mader, Ecomusée de la Grande Lande à Sabres (Landes), revue ecologik, n° 4, août-sept. 2008. www.avivre.com/ecologik ou  www.bruno mader.fr

(4) G. Desmoulins et F. Thouvignon, La vie et l’économie dans les Landes de Gascogne, au temps de l’ère agro-pastorale. Excursion commentée du dimanche 3 octobre 1971, Bull. Soc. Borda, 1972, p. 135-143.

(5) J.-C. Merlet, Un exemple d’archéologie du territoire : le programme collectif de recherche « Lagunes des Landes de Gascogne. Anthropisation des milieux humides de la Grande-Lande (2004-2007)», Aquitania, t. XXIII, Bordeaux, p. 323-329.

(6) H. Barrouquère et M. Bilbao, Six pieds sous terre…il y a 3000 ans : archéologie des Landes de Gascogne. Livret d’accompagnement de l’exposition, L’Atelier des Brisants, Parc naturel régional Landes de Gascogne, Sabres, 2011, 71 p.

(7) J.-C. Merlet et J.-P. Bost dir., De la lagune à l’airial. Le Peuplement de la Grande Lande. Editions Aquitania, Bordeaux, 2011, 423 p.

 

Société de Borda Séance du 16 juin 2012 à Dax Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Dax (salle n°1 des halles), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ soixante-dix personnes présentes.

Gilbert Dardey, Les monnaies royales et féodales
La présentation des 561 monnaies royales françaises constitue la première partie des publications de nos travaux réalisés en partenariat avec le musée de Borda, depuis environ vingt années. Elle sera suivie, en 2013, par l’examen des monnaies provinciales conservées dans le fonds numismatique, et en 2015, par l’étude d’un trésor monétaire, enfoui à la fin du XIIIe siècle à Canenx (Landes), qui fut découvert au mois de septembre 1990, et acquis en 1994, par le musée de Borda à Dax.

Jean-Paul Lagardère et Jean-Jacques Taillentou, « Kas » par cas. Histoire d’un char landais
Le ca ou ka pourrait être la forme la plus primitive du chariot dédié aux transports de marchandises dans les Landes. Dans cet espace, plusieurs modèles de ka ont cohabité sans obéir, semble-t-il, à une logique géographique. Malgré cette diversité, des constantes permettent de donner une description assez précise de ce véhicule. L’origine de son nom est l’objet d’interrogations d’autant plus que le ka est resté longtemps une unité de mesure incontournable utilisée dans des transactions commerciales de nature différentes.

Hubert Delpont, Les conventionnels landais - Portrait de groupe
Portrait de groupe des personnages qui composent la députation des Landes dans la période cruciale de la Convention. Ils sont six, à la fois divers et représentatifs du département, sur lesquels beaucoup a déjà été dit et écrit. Il s’agit donc de confirmer (Saurine, Ducos), de compléter (Dyzès, Lefranc) mais aussi de proposer de nouvelles lectures, à propos de Cadroy et surtout de Dartigoeyte.

 

Société de Borda Séance du 5 mai 2012 à Mées Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mées (Maison des Glycines), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 120 personnes présentes.

Xavier Petitcol et François Lalanne, La porcelaine de Pontenx
La porcelainerie de Pontenx au XVIIIe s. était connue des érudits, mais aucune attribution de porcelaine n’avait été proposée. La recherche en archives a été reprise systématiquement. Elle a révélé des noms et des dates qui sont des jalons précieux dans l’historique de la manufacture. Un des directeurs se prénommait Zinckernagel ; or une quinzaine de porcelaines, presque toujours de provenance bordelaise, porte justement une marque Z en bleu. Mais, dans les répertoires de marques, la lettre Z renvoie à la seule fabrique de Zürich. Aussi plusieurs porcelaines de Pontenx ont été aussi retrouvées dans des collections suisses.
Pour confirmer ces ré-attributions, au talon de ces pièces, des initiales en creux, minuscules, correspondent à des noms de mouleurs ou de tourneurs consignés dans le registre de catholicité de Pontenx. Grâce à cette découverte, un catalogue de vente à l’hôtel Drouot présentait récemment, pour la première fois, un bouillon et deux pichets pour du Pontenx. Le Département des Landes a pu en faire l’acquisition au bénéfice du Musée de Samadet.

Jean-Pierre Suau, Les vitraux en dalles de verre (1952-1953) de Jean Lesquibe. L’exemple de l’église Saint-Laurent de Téthieu (Landes)
Le but de cette notice est non seulement de décrire un petit programme iconographique de vitraux modernes en dalles de verre, mais aussi de tenter de comprendre pourquoi et comment on trouve des vitraux contemporains, du milieu du XXe siècle, dans l’église Saint-Laurent de Téthieu (Landes, canton de Dax-Nord), autrefois dédiée à un autre diacre : le protomartyr saint Étienne.

Jean Peyresblanques, La Maison des Glycines à Mées
Au début du siècle dernier le docteur Maurice Castex vint habiter cette magnifique maison dont il venait d’hériter et organisa tous les mois  un salon littéraire et artistique. Le poète Émile Despax y participa régulièrement avec sa famille.
En 1904 le médecin décèda tout jeune. Le poète publia en 1905 un recueil qu’il intitula « La Maison des Glycines », en hommage à son ami et à l’inspiration qu’il avait trouvée dans cette maison.
Quelques années plus tard le colonel Benoit, ami intime des Despax, loua cette maison, Pierre Benoit y vint voir sa famille.
Les glycines de l’entrée revécurent aux sons cristallins de la musique lors de son acquisition par Anne-Marie et Michel Caup. Parfaitement restaurée en l’état elle chante la poèsie harmonieuse des Despax.

Paul Dubedat et Sandrine Chevalier, Le décor peint des Jacobins à Saint-Sever
Les auteurs rendent compte des fresques découvertes entre 1970 et 1985 sur les murs du couvent des Jacobins de Saint-Sever. En s’aidant des données historico-architecturales, ils peuvent dater les divers décors peints des cloître, réfectoire, salle capitulaire et chapelle en les rattachant aux campagnes de construction ou de restauration de l’édifice au cours des XIVe et XVIIe siècles.

 

Société de Borda Séance du 14 avril 2012 à Laurède Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Laurède (salle des fêtes), sous la présidence de Gilles Granereau. Environ 100 personnes présentes.

Jean-Pierre Laulom, Si Laurède m’était conté…En neuf « moments » ou chapitres, il s’agit d’un parcours rapide de l’histoire assez extraordinaire d’un village ordinaire de Chalosse, depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours.
« Au commencement était l’eau, à l’âge de la pierre, au temps des mottes et des castéras, vers l’An Mil, sous le pin franc (les maisons nobles), au temps des hallebardes et des mousquets (la Fronde), au son de la carmagnole (la révolution de 1789), sous le signe de saint Jacques (l’église et le pèlerinage), galerie des Illustres », tel sera notre parcours.

« Passent les ans, passent les jours,
Coule tranquille le fleuve Adour »

Les « ondes fugitives de l’Adour » qui passent inexorablement « plaintives et sans retour », entraînant au loin l’Histoire et le souvenir et auxquelles Laurède doit en grande partie sa richesse, s’arrêteront un instant pour nous permettre de saisir au passage quelques étincelles du passé de ce village, si ordinaire parfois mais si riche dans son histoire et dans ses monuments.

Bernard Sournia, Coutumes et maisons capcazalières dans l’ancienne Chalosse
Que signifie au juste le mot capcazal et en quoi consistent les coutumes dites capcazalières ? A travers ces questions, l’on se propose de voir comment les communautés rurales d’Ancien-Régime, dans les terres du sud Adour, organisent la perpétuation de l’héritage en évitant tout morcellement de la propriété; et comment elles gèrent l’exploitation et le partage des vacants ou communaux (barthes, landes, padouens, pignadas). L’on verra enfin comment, vers le début du XVIIe, siècle émerge du sein de cette société rurale une classe de possédants aisés, capable d’acheter charges et offices, et qui se crée un habitat évolué d’un type nouveau, dans lequel s’expriment son aisance et son ambition : ces maisons que l’on appelle capcazalières.

Jacques et Vincent Guichenuy, Poètes gascons des Landes. Le chanoine Jean-Joachim Camille Tauzin (1843-1929)
La vie du chanoine Tauzin a été riche de rencontres dans ses diverses paroisses, de recherches et de travaux historiques. Mais à travers ses œuvres poétiques, il dévoile également une certaine sensibilité, lui qui sut aussi utiliser la langue traditionnelle pour faire rire ses contemporains, en aiguillonnant d’un dard affuté certains d’entre eux.

 

Société de Borda Séance du 17 mars 2012 à Mont-de-Marsan Société de Borda

La séance a eu lieu à 14 h 30, à Mont-de-Marsan (site Bosquet, Maison Joëlle Vincens), sous la présidence de J.-J. Taillentou. Environ 90 personnes présentes.

Jeanne-Marie Fritz, Le Marsan dans la grande crise des guerres de Religion
Cet article a pour objet de faire le point sur les conséquences des guerres de Religion sur la vicomté de Marsan, liée depuis 1240 au Béarn, dont les vicomtes se convertirent au cours du XVIe siècle à la religion réformée. Outre les divisions entre les familles seigneuriales et la population, les dommages causés aux églises, en 1569 notamment, furent très lourds. Les destructions causées aux principales villes entraînèrent des réaménagements ultérieurs. Le déficit financier lié au conflit développa la pratique des aliénations du domaine royal, privant plus tard la monarchie de revenus réguliers.

Fernand Avila, Quarante années d’observation climatologique : Aire-sur-l’Adour (1971-2010)
Une longue durée d’observation permet de définir les caractéristiques d’un climat et aussi de mettre en évidence ses mutations, ses aléas, de raconter par petites touches son histoire. Il y a eu d’abord un poste climatique, puis deux, trois et quatre postes qui firent d’Aire-sur-l’Adour, petite cité du sud-est des Landes, un site privilégié pour les études climatologiques : une thèse, des colloques, conférences et articles de revue lui furent consacrés. 1971-2010 : au bout de quarante années d’observation et de données accumulées, il est possible de faire un bilan, de calculer normales et moyennes et d’analyser les changements climatiques en cours.

Jean-Pierre Brèthes, Une élégie latine sur la mort du chevalier de Borda
Le chevalier Jean-Charles de Borda (Dax, 1733 - Paris, février 1799) fut, aux côtés de savants comme Lavoisier et Monge ou de navigateurs comme Bougainville, une parfaite illustration des progrès scientifiques considérables réalisés à l’époque des Lumières. Avec eux, Borda dote la France du système métrique, détermine la longueur d’un arc du méridien, met au point des techniques de mesure du temps et des masses et contribue à faire des « poids et mesures » un des chantiers majeurs de la Révolution que la France étend à l’Europe.
Borda meurt brutalement, à 66 ans, quatre mois avant la présentation officielle des étalons du mètre et du kilogramme qu’il avait très largement contribué à définir (le 22 juin 1799, devant le Directoire où siège un autre Landais, Roger Ducos, qui devient consul cette même année, après le 18 brumaire). Devant l’Institut National en cortège funèbre, au cimetière de Montmartre, Bougainville, l’ami de toujours, prononce l’éloge funèbre ; mais c’est le scientifique cisalpin Mascheroni, qui, en 36 distiques élégiaques sans défaut, soit 72 vers latins, fait retentir la « plaintive élégie » chère à Boileau.
Si les qualités proprement littéraires du poème ne sont évidentes que pour un latiniste, en revanche, il est permis à quiconque d’admirer à travers ce texte, même dans sa version française, l’étendue de l’œuvre scientifique de Borda, la qualité des amitiés qu’il sut susciter et la réflexion subtile de l’auteur sur l’au-delà, dans cette période révolutionnaire, à la fin du Directoire et à quelques mois du Consulat.

Jean-Michel Morlaes, Culture et culture matérielle dans les foyers landais à la fin du XVIIIe siècle
Alors que se prépare l’orage révolutionnaire, la vie quotidienne suit son cours en cette fin du XVIIIe siècle. L’intérieur des foyers landais nous parle d’un temps réglé où les préoccupations habituelles font place, le temps d’une visite ou d’une réception, à l’extraordinaire. Pour appréhender le quotidien des familles et des individus, on peut mesurer leur richesse matérielle, observer leur cadre de vie ordinaire et, au détour d’un détail, surprendre un trait de caractère. Du château au modeste presbytère, toute une palette d’objets se dévoile et nous parle d’une culture en partie commune, mais dont les différences sont porteuses de distinction et de mise à distance. Ces repères sociaux sont d’autant plus intéressants à regarder qu’ils s’apprêtent à être balayés par la Révolution française.

 

 

Société de Borda

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